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Arzilia

 
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Alaya
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MessagePosté le: Mer 13 Fév - 21:24 (2008)
Sujet du message: Arzilia
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Certains d'entre-vous le savent, Arzilia est un pseudo que j'utilise régulièrement. Et pour cause!
Il s'agit d'un personnage que j'ai longuement interprêté sur Demange. Bon, évidemment, il ne s'agit pas de jdr au même titre que les parties dont sortent les persos présentés dans cette partie du Forum. Cependant, j'ai écris bon nombre de choses à son sujet et le rp que j'ai mené avec elle vaut largement un jdr sur table Wink
Et puis, j'ai de l'affection pour cette succube donc je vous fais partager ses chroniques. Voilou!



Arzilia 
Ou 
Chronique d’une succube parmi tant d’autres… 
  
  
   
                                Au fin fond des plaines brûlées, là où le sable et le roc seuls subsistent…
Au fin fond de l’Enfer donc, dans les grands déserts qui le forment, de nombreux villages se sont créés au fil du temps.
 
                L’un d’eux nous intéresse plus particulièrement aujourd’hui. Il n’a pas de nom. C’est juste un village. Ces habitants ne se donnent pas la peine de le nommer. Ils savent d’où ils viennent, c’est tout ce qui importe. C’est un mode de pensée très courant chez les démons…
Car, oui, qui d’autre que des démons pourrait peupler l’Enfer ! ? !
 
                Dans ce village, il y a peu de bâtisses. Tout au plus une dizaine de maisons. Pour le ravitaillement, il faut se rendre dans la ville la plus proche. Mais pour boire et s’amuser… Rothar avait ouvert un bar.
Les démons étant fort friands de boissons, il ne manquait pas de faire des bénéfices.
Il était venu s’installer ici quelques années auparavant. Tous se plaignaient de devoir marcher jusqu’au village voisin pour assouvir leurs besoins éthyliques mais, curieusement, personne n’avait pensé à ouvrir un bar.
Rothar, lui, avait saisi l’aubaine à pleines mains ! Il y avait peu d’habitants mais c’était des clients fidèles et aucun ne rechignaient à payer la boisson un peu plus cher qu’ailleurs.
‘’Mieux vaut ça qu’une marche forcée !’’, lui disaient souvent les démons.
‘’Puis, quand on est saoul, on se perd sur le retour…’’
Remarque judicieuse et Ô combien véridique !
 
Mais il y avait un client que Rothar affectionnait tout particulièrement. Celui-là dépensait bien davantage que les autres.
C’était un démon dans la force de l’âge. Il avait un physique convenable et semblait posséder une grande force. Mais il était rongé par le désespoir et passait ses journées le nez plongé dans son verre.
Il arrivait bien souvent que, à l’heure de fermeture, Rothar du le jeter hors de son établissement à grands coups de bâton. Mais Torion, puisque tel était son nom, ne s’en souvenait jamais. Aussi, sans aucune rancœur, revenait-il chaque matin. Personne n’avait jamais compris d’où lui venait ce désespoir et, à vrai dire, tout le monde s’en foutait éperdument ! Et oui, les démons sont ainsi. Pour la plupart d’entre eux il n’y a que leur petite personne qui compte !
 
                Torion donc, puisque c’est lui qui nous intéresse, rentrait chez lui après s’être fait sauvagement éjecter de chez Rothar. C’était une nuit comme les autres ; sombre, sèche, chaude. En Enfer, les nuits et les jours sont toujours pareils.
Le démon tanguait dangereusement, manquant de s’étaler à chaque pas. Ce n’aurait pas été la première fois qu’il aurait dormi dans la rue. Mais il essayait toujours, malgré son état pitoyable, de passer sa courte nuit dans son lit. En effet, s’il s’endormait à l’extérieur, il n’avait pas de réveil pour lui indiquer qu’il était temps de retourner chez Rothar. Et la perspective de dormir suffisamment longtemps pour dessaouler ne l’enchantait guère !
Avançant à tâtons, il devinait au loin sa maison au milieu d’une brume où dansaient des animaux étranges et d’un rose de très mauvais goût.
Il pensait son but bientôt atteint quand, tout à coup, ses pieds engourdis buttèrent sur quelque chose de mou et chaud. Ce qui ne manqua pas de le faire tomber !
Il tenta de se ramasser tant bien que mal et, après être difficilement parvenu à s’asseoir sur le sol caillouteux, il eut l’idée saugrenue de regarder la chose qui l’avait fait chuter.
 
                Et voilà qu’au milieu de son délire de pochtron, il eut une vision qui le fit instantanément dessaouler !
Sur la terre brûlante, une succube gisait. Elle semblait mal en point. Torion ne savait pas du tout qui elle était, ni d’où elle venait et encore moins comment elle avait atterrit là. Mais en cet instant, il parut revivre. Comme s’il n’avait attendu que ça depuis toujours.
Ayant à présent totalement recouvré ses esprits, il prit la succube dans ses bras et l’amena chez lui.
Il la posa sur son lit puis se dirigea vers la cuisine.
 
                Vivant seul depuis de nombreuses années et constamment saoul, Torion n’avait jamais pris la peine d’aménager ni de ranger ou laver sa maison. Les meubles étaient très spartiates et la poussière s’accumulait partout. Il prit une bassine qui traînait à terre et souffla pour évacuer la couche de poussière. Un nuage de crasse stagna dans l’air sec un moment puis retomba, s’ajoutant au tapis qui recouvrait le sol.
Le démon ouvrit le robinet, faisant couler de l’eau tiède dans le récipient. Puis il retourna vers le lit. S’avisant qu’il n’avait pas de chiffon, il déchira un pan de sa chemise et le trempa dans la bassine. Délicatement, il mouilla le visage de la succube.
 
Ce faisant, il ne put s’empêcher de la contempler. Torion avait rencontré peu de femelles jusqu’à présent. A vrai dire, les seules qu’il connaissait étaient celles du village. Et aucune n’avait retenu son attention. Mais, celle-ci lui semblait être exceptionnellement belle. Elle avait des traits forts fins. Sa peau était assez claire et mat. De longs cheveux bruns ondulés couvraient ses épaules délicates. Elle était aussi très mince et… bien proportionnée, ne pu s’empêcher de remarquer le démon.
Il s’attarda encore longtemps dans la contemplation de cette inconnue. Puis, il s’assoupit, le sourire aux lèvres…
 
                Torion ne sut jamais comment la succube s’était retrouvée là. Mais, Irina, c’était son nom, resta auprès de lui. Personne au village ne trouva cela étrange.
Les deux jeunes démons s’aimèrent et donnèrent naissance à cinq enfants.
Mais, Irina n’était pas une succube comme les autres. Avant même l’arrivée des enfants, elle racontait souvent à Torion des histoires où il était question de respect de l’autre, d’amour, de bonne volonté et de paix.
Le démon ne s’en inquiétait pas. Il vivait heureux depuis son arrivée et, pour rien au monde il ne voulait perdre ce bonheur. Aussi écoutait-il patiemment ce qu’il pensait être une forme de folie.
 
                Lors de sa première grossesse, Irina partit durant une semaine, loin et seule. Elle avait prévenu Torion d’un voyage nécessaire au bon déroulement de sa grossesse. Son compagnon n’avait émis aucune objection.
Il ne posa pas non plus de questions lorsqu’il la vit emporter avec elle une chaîne d’une finesse extrême, un petit récipient d’un noir de jais et du cristal à l’état brut.
La succube partit et revint, comme dit, une semaine plus tard avec dans ces affaires la même chaîne, le même récipient et, cette fois, un pendentif en forme de globe de 1cm de diamètre, luisant doucement.
Là encore, Torion la laissa en paix, ne lui demandant rien.
 
Irina recommença son petit manège lors de chaque grossesse. Et à l’heure de l’accouchement, son premier geste fut d’offrir en cadeau à son enfant  la chaîne ornée du pendentif.
Tout le monde pensa qu’il s’agissait là d’une marque d’affection envers sa progéniture. Mais la réalité était toute autre et ses enfants s’en aperçurent à leurs dépends…
 
Torion et Irina eurent d’abord un garçon ; Ryu, qui fut bientôt suivi par une fille ;
Yuki on Na, puis un second garçon ; Eolion, et enfin deux autres filles ; Erinael et, la cadette, Arzilia.
 


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MessagePosté le: Mer 13 Fév - 21:24 (2008)
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Alaya
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MessagePosté le: Mer 13 Fév - 21:26 (2008)
Sujet du message: Arzilia
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Arzilia…
 
La plus jeune de cette ribambelle démoniaque.
C’est aussi celle qui nous intéresse aujourd’hui !
 
L’histoire de cette jeune succube commence par une douleur intense.
Le petit être démoniaque est plongé dans un liquide tiède et rassurant. Il l’enveloppe de toutes parts, comme un doux cocon où rien ne peut arriver…
L’enfant se laisse bercer par les mouvements de balancier qui la font voguer doucement.
Elle se sent extrêmement bien dans cet environnement. Puis, une litanie incompréhensible résonne à ses oreilles. Elle dure longtemps, de manière lancinante, et finit par assoupir le petit être encore fragile. Le bébé se perd dans des songes agréables. Elle est au sommet du bonheur quand, tout à coup, son cocon se brise !
Une lumière vive vient brûler ses yeux habitués à la pénombre. Une forme blanchâtre secoue et refroidit le liquide précieux. Son monde est détruit en un instant.
Un air tendre se devine sur le visage de la forme. Mais l’enfant pleure, elle a mal ! Les mains froides de l’être vaporeux lui brûlent les chaires ! Le visage se veut rassurant mais les mains continuent de blesser la petite créature fragile…
Trifouillant au plus profond du petit corps à moitié formé, les mains finissent par s’éloigner, entraînant avec elles une forme vaporeuse nettement plus petite et d’un jaune d’or. La douleur s’efface peu à peu. La forme blanchâtre quitte le monde de l’enfant. Le cocon tente de se remettre en place, l’eau de tiédir à nouveau. Mais rien n’y fait…
                Et lorsque le bébé croit qu’enfin tout est redevenu normal, son monde est détruit une seconde fois…
 
 
Arzilia naquit une nuit de tempête. Car, oui, en Enfer aussi il y a des tempêtes…
La nuit était presque consistante tant elle était noire. Le rayon d’une torche ne portait pas. On eut dit que la lumière ne pouvait percer ces ténèbres.
Comme à chaque naissance, Torion et Irina étaient seuls dans leur petite maison. Quelques bougies tentaient vainement d’éclairer la scène. Mais ce soir-là, la succube accoucha sans même voir le visage de son enfant. A tâtons, elle mit autour du cou du bébé, une chaîne identique à celle que portaient ces autres enfants.
 
                Au petit matin, Torion prit sa fille dans ses bras. L’enfant paraissait bien plus fragile que les précédents. Mais vu la forte nature des deux parents, le démon ne s’en inquiéta pas. Il berça le petit être avec amour. C’était un sentiment qu’il avait appris au fil du temps.
Tout comme il avait appris à connaître celle qu’il aimait par-dessus tout.
Levant sa fille bien haut ;
‘’Tu t’appelleras Arzilia, petite furie…’’
 
L’enfant se débattait faiblement. Le pendentif lui faisait mal. Il était bien trop lourd pour elle.
Irina s’éveilla et sourit. C’était son cinquième enfant. La cinquième âme qu’elle pouvait sauver. La sixième en réalité. Car Torion était sur la bonne voie.
La succube ne regrettait pas d’avoir atterri là quelques années auparavant. Elle se souvenait avoir eu peur au début. Mais, bien vite, elle s’était aperçue que l’âme de son hôte manquait de force. Elle s’était alors imposée, refoulant le plus loin possible ce qu’elle considérait comme une gêne.
               
Irina n’était pas une succube comme les autres. Elle portait en elle l’âme d’une angèle… !
C’était la raison pour laquelle elle prônait tant le bien.
C’est aussi pour cela qu’elle n’envoya pas ses enfants apprendre la vie de démons. Elle voulait leur inculquer les valeurs qui étaient celles de son peuple. Tant qu’à être perdue en Enfer, autant œuvrer pour le bien !
 
                Chaque jour donc, depuis leur naissance, Ryu, Eolion, Yuki, Erinael et Arzilia sacrifiaient la moitié de leur journée aux enseignements d’Irina.
Mais ce ne fut pas une mince affaire pour la succube. Même s’ils n’avaient eu l’occasion de voir la violence démoniaque, les enfants n’en restaient pas moins démons. La soif de mal était inscrite dans leurs gènes.
Un jour, alors qu’elle leur enseignait les bienfaits de la paix ;
 
-   La paix, pour beaucoup, est une utopie. Un doux rêve d’enfant qui n’arrivera jamais. Ceux-là, pour la plupart, sont des êtres vils qui ne connaissent que la douleur et la mort. Mais celui qui croit en la paix…
-   Celui qui croit en la paix n’est qu’un faible et un sot !, hurla une petite voix aiguë.
Irina se tourna vers son dernier enfant. Arzilia était la plus jeune de tous, elle avait à peine 4 ans mais montrait une certaine résistance à l’endoctrinement et n’agissait bien souvent pas comme une enfant de son âge.
-          Arzie ! Combien de fois vais-je devoir te dire de ne pas me couper la parole ! Tu es encore trop jeune pour comprendre ces choses-là. Tu ne sais même pas ce que tu dis !
-          Bien sûr que si je sais ce que je dis ! Je ne suis pas aussi bête que tu veux l’imaginer ! Je suis une succube MOI ! Et je compte bien le rester !
 
Irina devint rouge. Elle savait bien qu’Arzilia était loin d’être bête, mais elle préférait l’oublier. Ces derniers temps, elle se sentait extrêmement fatiguée et ses quatre autres enfants n’étaient pas encore prêt à mener une vie  de repenti.
-          Retire ce que tu viens de dire tout de suite ! Tu n’es pas une succube ! En tout cas pas une vraie ! Tu n’en as que l’apparence. Et je te l’apprendrais très vite !
-          Je ne retirerais rien ! Je ne deviendrais pas une honte comme toi ! Je n’ai pas l’âme d’une angèle moi ! Et je ne compte pas te laisser faire de moi une victime de plus !
 
Yuki qui regardait la scène commença à pleurer. Ryu la prit dans ses bras pour la consoler. Erinael semblait outrée par les propos de sa sœur. Seul Eolion ne réagit pas. Mais, bien enfoui dans une poche, son poing était serré, les ongles creusant des sillons rougeâtres dans la chaire…
Irina leva doucement la main. Elle ne criait plus mais regardait sa fille intensément.
-          Tu l’auras voulu petite peste !
Entre deux sanglots, Yuki cria à sa sœur :
-          Excuse-toi Arzilia ! Sinon elle va te faire du mal ! Tu ne dois pas dire des choses comme ça ! Dis-lui que tu ne les penses pas ! Dis-lui…
Mais la petite succube n’écoutait pas sa sœur. Elle avait commencé à courir de toute la force de ses petites jambes. Elle avait toujours espéré que, si elle parvenait à mettre assez de distance entre elle et sa mère, elle pourrait esquiver l’attaque.
 
Loin derrière elle à présent, Irina psalmodia et dit un mot, un seul !
Arzilia sentit la douleur fulgurante. Elle tomba, se recroquevillant sur elle-même. La souffrance l’emprisonnait dans une bulle d’où personne ne pouvait la sortir.
Le petit corps tremblait, agité par la douleur que lui infligeait Irina. Le pendentif de l’enfant brillait avec force. Assommée, la petite succube s’évanouit.
Alors seulement, Irina baissa la main. Le globe de cristal, au cou d’Arzilia retrouva sa luminosité habituelle. Personne ne bougea pour aller voir la petite. Mais les lèvres d’Eolion tremblaient et quelques larmes voulurent s’échapper. Serrant son poing davantage, le petit démon, qui avait alors 8 ans, les retint fermement.
 
La succube se tourna vers ses quatre autres enfants :
-          Que ceci vous serve de leçon à tous. Vous savez que je fais ça pour votre bien. Je déteste être obligée d’utiliser une telle violence avec vous…
Elle baissa la tête.
-          Vous le savez n’est-ce pas que c’est pour votre bien ! ? !
-          Oui maman !, répondirent les quatre démons en cœur.
-          Bien, nous allons arrêter ici pour aujourd’hui. Arrangez-vous pour que je n’ai pas à faire ça à l’un d’entre-vous. N’oubliez pas combien c’est douloureux…
Pour ça non, ils n’oubliaient pas. Et même si parfois ils s’oubliaient un peu dans leurs paroles ou leurs faits, ils ne manquaient pas de s’excuser rapidement…
Seule Arzilia ne semblait pas retenir la leçon. Elle jouait constamment avec le feu… qui finissait toujours par la brûler…
 
Eolion partit en courant avant tout le monde. Quand l’un d’entre eux se faisait punir, les autres avaient l’interdiction formelle de s’en occuper…
Le petit démon se cacha donc derrière un gros rocher et attendit patiemment que tout le monde soit passé. Yuki pleurait encore dans les bras de Ryu. Elle aimait énormément ses frères et sœurs et il lui semblait qu’elle devait veiller sur eux. Mais elle ne comprenait pas les réactions d’Arzilia. Et elle ne pouvait rien faire pour l’aider. Yuki était en effet convaincue que ce que disait sa mère était la meilleure des voies à suivre. Elle suivait ses enseignements à la lettre et n’avait jamais eu à être punie.
                Enfin, quand tout le monde fut loin, Eolion sortit de sa cachette et rejoint sa petite sœur en courant. Il caressa doucement le visage délicat, écartant quelques mèches de cheveux. Ses yeux tombèrent sur le pendentif. Il le regarda intensément. Pourquoi leur mère avait-elle fait ça ? Pourquoi leur infliger pareil supplice ? Il attendit qu’une image apparaisse. Il ne fallut pas longtemps…
Le morceau d’âme d’Arzilia, emprisonné dans le globe de cristal, lui renvoya le désir ardent de sa jeune sœur en cet instant. Il la vit, fière et digne. Elle riait. En face d’elle, Irina était agenouillée. Ce n’était plus qu’une ombre. Elle levait la main très haut mais rien ne semblait venir. La jeune enfant restait debout, riant de plus belle…
’Moi aussi ma chère sœur… Moi aussi j’aimerais pouvoir échapper à ça !’’, murmura-t-il doucement.
 
Eolion détourna enfin son regard. Il prit une petite main potelée et la serra gentiment. La petite succube sourit inconsciemment. Puis, avec délicatesse, le jeune démon pris sa sœur dans ses bras et la porta tant bien que mal jusqu’à un lit de mousse, à l’abri des regards indiscrets.
Il s’allongea alors à ses côtés et s’endormit, un bras passé autour de sa taille, comme pour la protéger et lui tenir chaud…
 


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Alaya
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MessagePosté le: Mer 13 Fév - 21:26 (2008)
Sujet du message: Arzilia
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Arzilia subit encore de nombreux tourments tels que celui-là. Elle ne cessait jamais de montrer à sa mère qu’elle n’avait qu’un désir : pouvoir porter fièrement le nom de succube !
Torion ne la défendait jamais. Avec le temps, il avait appris à aimer ce qu’il considérait autrefois comme une folie chez sa compagne. A présent, il avait foi en ce qu’elle racontait. Dans ses rêves les plus fous, il imaginait que la paix régnait enfin en maître.
Seul Eolion eut parfois l’audace de soutenir sa petite sœur. Mais bien souvent, il gardait le silence, non sans penser tout bas ce qu’elle disait tout haut. C’était peut-être un peu lâche de sa part. Tout au moins, c’est ce que pensa Arzilia au début. Mais elle s’aperçut rapidement qu’il était peut-être plus sage qu’elle. Il attendait patiemment d’être assez grand pour disparaître et vivre sa vie comme il l’entendait.
Il le lui avait dit l’une des nombreuses fois où il l’avait veillée, attendant qu’elle sorte de l’inconscience. Il lui avait également demandé de faire comme lui. Qu’ils s’enfuiraient tout les deux très loin une fois qu’il serait plus vieux mais qu’en attendant, il fallait faire profil bas…
Mais Arzilia était de nature fougueuse. Elle ne supportait pas de se taire et ses mots ne freinaient devant aucun barrage ! Alors elle continua de se montrer agressive et s’emporta plusieurs fois face à Irina.

Deux ans passèrent encore après l’incident relaté. Arzilia avait alors 6 ans et toujours la même détermination au fond des yeux.
Un matin, alors qu’il faisait encore fort sombre dehors, Torion s’éveilla. Une impression de froid l’avait sorti de ses rêves. Étrange en Enfer…
Il se tourna vers sa bien aimée et vit que sa place était vide.
Il fut surpris. D’habitude, il était le premier à se lever. Il s’assit sur le bord du lit et écouta les bruits de la maison. Mais tout n’était que silence…
Enfilant rapidement un pagne, il se dirigea vers la cuisine et regarda par la fenêtre. Personne à l’extérieur…
Il parut réfléchir puis monta doucement les escaliers grinçants. A l’étage il y avait les chambres des enfants. Il passa deux portes, s’arrêta devant la troisième et l’ouvrit doucement.
C’était la chambre de Yuki. Irina venait régulièrement la regarder dormir. Elle n’avait de cesse de répéter qu’elle était sa plus belle réussite. C’était la seule âme qu’elle avait vraiment pu sauver…
Mais là encore, la succube ne s’y trouvait pas !

Perturbé, Torion redescendit les marches quatre à quatre. Il fouilla tout le bas sans trouver trace de sa compagne. Tout ce remue-ménage eu vite fait de réveiller les cinq enfants qui vinrent voir ce qui se passait. Ryu s’avança vers son père. Il devenait un beau démon, fort et fier. Il avait vécu 18 années déjà.
- Que cherches-tu papa ?
Torion se retourna vers ses enfants, pris une chaise puis s’effondra.
- Votre mère… je cherche votre mère…
Il n’en fallait pas plus pour qu’ils comprennent.

Ces deux dernières années avaient été pour Irina une réelle épreuve de force. Il semblait que son âme d’angèle ne supportait pas de vivre au fond de l’Enfer. Cette situation l’avait littéralement bouffée. Son âme pure s’était peu à peu estompée et, même si elle avait su résister longtemps à ce phénomène, il semblait qu’à présent elle ait disparu…
Rien ne pouvait la sauver. Même l’âme de succube qui habitait ce corps avant elle avait disparu tant elle l’avait refoulée.
Son corps allait bientôt se trouver vide. Et pour éviter à son compagnon de voir cela, elle avait fui dans la nuit.

Le démon pleurait son amour perdu. Il ne savait que faire. Elle ne lui avait jamais parlé de partir et tout à coup il se trouvait seul avec encore trois très jeunes enfants. Il ne se sentait pas la force de leur enseigner les préceptes qu’il avait lui aussi adoptés.

Alors, une idée lui vint. La seule qu’il eut en cet instant.
Il sortit de chez lui, marchant d’un pas rapide, fila droit vers le centre du village. Il ouvrit une porte peinte en vert. Un joli bruit de sonnette se fit entendre.
Son regard fit le tour de la pièce puis se fixa sur un tabouret. Torion s’y installa, tapa un grand coup sur le bar et…
- Rothar ! Mets-m’en une ! Et plus vite que ça !
Ce dernier eut un regard surpris :
- Et bien Torion ! Ca faisait un bail qu’on ne t’avait plus vu de si bon matin… !
- Tu es sourd Rothar ? File-moi une bouteille et vite !

Le démon s’exécuta. Torion semblait vraiment mal mais personne ne dit rien. Il n’est pas bon de se pencher sur les problèmes des autres. C’est une manière d’être un peu trop humaine…

Dans la maison, les cinq enfants n’avaient pas bougé. Yuki pleurait en silence, tandis que Ryu, Erinael et Eolion restaient cois.
Arzilia, elle, avait un sourire cruel figé sur le visage. Enfin ! Enfin celle qu’elle haïssait le plus en ces terres désolées était partie mourir seule, comme un chien !
Les yeux de la petite succube brillaient de plaisir. Elle se tourna vers ses frères et sœurs, toujours plantés là. Personne ne partagea son sourire. Elle fixa Yuki avec dégoût puis, la tête haute, perdue dans sa fierté, elle partit au cœur du village. Il lui tardait d’apprendre enfin les choses utiles à tout démon qui se respecte. Elle n’avait qu’une hâte ; apprendre à utiliser sa haine comme l’arme la plus mortelle !


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MessagePosté le: Mer 13 Fév - 21:31 (2008)
Sujet du message: Arzilia
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Les années passèrent.
Arzilia suivait les enseignements des démons plus âgés. Elle était avide de récits de guerre et de torture. Rien ne semblait suffire à cette envie…
Eolion, lui, apprenait aussi à se conduire en démon mais il restait jeune avant tout et se fatiguait assez vite, préférant aller mimer la guerre que d’en entendre parler.

Durant toutes ces années, Eolion et Arzilia avaient créé des liens affectifs très forts entre eux. Le frère n’avait à l’esprit que le bien-être de sa jeune sœur.
Aussi, lorsque, devenue une séduisante jeune succube, les démons du village commencèrent à lui tourner autour, Eolion ne lâcha plus sa sœur d’une semelle. Mais, avec son caractère bien trempé, elle n’était pas dupe. Elle menait tout ce petit monde par le bout du nez ! Et puis, elle en profitait aussi, se faisant une certaine expérience de la vie…
Pourtant, un jour, Arzilia s’aperçut que le jeune démon, avec lequel elle s’amusait alors, lui plaisait plus que de raison. A force de jouer avec le feu, elle avait fini par s’y brûler…
Un soir, elle lui avoua ce sentiment nouveau :
- Carny, je… je crois que j’ai pour toi plus qu’une attirance physique…
- Qu’est-ce que tu veux dire ma belle ?
- Bien, je pense que… je t’aime !
- Tu m’aimes ? ! ?
Carny parut surpris. La succube n’était pourtant pas habituée à cela. Elle se jouait constamment des mâles, profitant d’eux comme de jouets, les abandonnant lorsqu’elle s’en lassait.
- C’est une belle déclaration que tu me fais-là ma douce…
Il lui caressa le visage, pensif. Après tout, lui aussi appréciait beaucoup cette petite succube. Oui, il l’aimait également en fin de compte !
Il l’embrassa tendrement. Posant sur elle un regard neuf.
- Je t’aime aussi petite succube de mon cœur…

Le cœur léger, Arzilia rentra chez elle. Son amour était tout neuf et, déjà, il avait trouvé un doux écrin où
se blottir. Carny l’aimait aussi, c’était trop beau !
Flottant sur un nuage de bonheur, elle entra dans la maison sans accorder le moindre regard à ceux qui s’y trouvaient. Elle monta dans sa chambre et se laissa tomber sur le lit. Ce faisant, la chaîne qu’elle portait autour du coup se rappela à son souvenir.
Arzilia fit rouler le petit globe entre deux doigts.
‘’Ainsi donc, chère Irina, tu as emprisonné une part de mon âme là-dedans pour que je me souvienne toujours de qui je suis la fille. Tu as cru jusqu’au bout qu’il y avait du bon en moi…’’
Elle rit. Un rire cruel, effrayant.
‘’Tu n’avais peut-être pas tort, je suis capable d’aimer… Mais ce n’est pas de la bonté, c’est du plaisir que tout démon peut s’offrir !’’
Elle rit encore, plus fort… Une idée germa dans son esprit.
‘’Demain…’’, pensa-t-elle.

Le lendemain, elle décida de passer outre les récits des combattants et fila retrouver celui qui faisait désormais battre son cœur. Elle l’aperçut de loin et se dissimula derrière un arbre pour l’observer. Carny était assis nonchalamment sur la pierre, faisant discrètement jouer ses muscles déjà bien développer. Il semblait attendre quelque chose avec une impatiente non dissimulée. N’y tenant plus, Arzilia sortit de sa cachette, s’approchant discrètement pour surprendre son amant. Il sursauta puis la serra tendrement dans ses bras.
- Tu m’as fait peur petite sotte !
Elle rit de bon cœur.
- Alors, tu m’attendais ?
- Non, pas du tout ! Je traînais là, par hasard…
Riant tous deux, ils entamèrent une succession de petits jeux mi-enfantins, mi-adultes.
- Carny ?
- Oui ?
- Tu m’aimeras toujours ?
- Toute mon éternité ma douce…
- Tu promets ?
- Je le jure ! Je serais toujours là, je t’aimerais et te protègerait quoi qu’il arrive !

Ils passèrent une journée merveilleuse, pleine de leur nouvel Amour. Et, avant de se quitter :
- J’aimerais te faire un cadeau Carny !
Le démon souriait, heureux.
- Quoi donc mon Amour ?
- C’est une chose extrêmement précieuse…
- Ta virginité ? C’est trop tard pour ça ma belle !
Il éclata de rire.
- Non, idiot !
Elle frappa mollement le torse musclé, puis ôta la chaîne qu’elle avait au cou.
Prenant la main du démon, elle y glissa le précieux objet.
- C’est un cadeau de ta mère Arzilia…
- Ce n’est pas un cadeau mon beau…
Et elle lui conta toute l’histoire, son histoire !
Quand elle eut fini, elle le regarda honteuse. Lui ne dit pas un mot. Il n’aurait su quoi dire. Il était troublé. Elle le quitta, le laissant à son trouble, jurant de le retrouver le lendemain.
Carny resta planté là un long moment. Il semblait mener un rude combat intérieur. Puis, lentement, ses sourcils se froncèrent. Il repartit chez lui, la chaîne toujours en main. Il devait la retrouver au même endroit demain. C’est ce qu’elle avait dit. Allongé dans son lit, le jeune démon sombra dans un sommeil sans rêve. Le précieux cadeau resta froidement posé sur sa table de nuit jusqu’au lendemain…



Ce matin là, Arzilia descendit toute excitée. Dans la maison, plus personne ne dormait.Torion avait déjà rejoint le bar de Rothar depuis longtemps et les autres étaient attablés, déjeunant en silence.
Eolion regarda sa sœur plus rayonnante que d’habitude.
- Alors sœurette ! Que nous vaut ce magnifique sourire ?
La succube le regarda, souriant davantage, si c’était possible.
- J’ai découvert que Irina n’avait pas tout à fait tort !
Quatre paires d’yeux la dévisagèrent, surpris.
Elle se délecta de cet instant, faisant durer le plaisir.
- Je me suis rendue compte qu’il y avait du bon chez les démons…
Prompte à réagir, Yuki se leva, tendant les bras pour enlacer sa sœur.
- Ooooh Arzilia ! Tu ne pouvais me faire plus plaisir !
Mais la cadette esquiva l’étreinte.
- Les démons peuvent aimer ! Voilà leur bonté. Mais c’est bien la seule !
Yuki fit une mine déconfite. Elle ne savait quoi dire. En revanche, Eolion, qui avait blêmit, partit dans un éclat de rire.
- Tu ne changeras jamais ma petite Arzie ! Tu es cruelle… !
Et il rit de plus belle.
Ryu, Yuki et Erinael disparurent à l’étage dans un bruit de porte qui claque.
- Tu crois qu’ils vont m’en vouloir longtemps ?
Dit une Arzilia souriante.
Son frère haussa les épaules. Ils pardonnaient toujours.
- Alors, dis-moi, tu es amoureuse c’est ça ?
- Et oui mon grand frère chéri ! Je crois bien avoir découvert l’amour…
- Carny c’est ça ! ?
- Oui.
- Et lui, qu’en pense-t-il ?
- Qu’il m’aime aussi !
- Bien. Je souhaite pour toi que ce soit vrai.
Arzilia mit machinalement la main à son cou. Eolion perçut son geste et remarqua l’absence de la chaîne.
- Où est-elle ?
Son ton était devenu sec.
- Je lui en ai fait cadeau !
Saisissant sa sœur par les épaules, il la secoua un bon coup.
- Tu te moques de moi là ! Tu n’as pas pu lui donner ! ?
- Si, je l’ai fait.
La panique s’empara du démon.
- Mais tu es folle Arzie ! Tu sais le pouvoir qu’il a sur toi maintenant ! ? ! A moins que… Que lui as-tu dit ?
- Je lui ais absolument tout dit. Je me dois d’être honnête avec celui que j’aime !
- Oui, mais pas sans avoir éprouver cet amour ! Sans compter que tu nous as peut-être tous mis en danger !
- Mais de quel danger parles-tu ! ? ! Carny m’aime ! Il m’a promis de me protéger quoi qu’il en coûte ! Il ne nous fera rien et gardera ça pour lui.
- Qu’en sais-tu ? Les promesses sur l’oreiller c’est facile !
Arzilia serra les poings. Elle ne doutait pas un seul instant de la sincérité de son amant ! La rage lui colora les joues.
- Tu es jaloux ! Voilà la vérité !
Eolion explosa à son tour.
- Jaloux ? Moi ? De quoi ? ? ? D’un abruti de démon que tu connais à peine ! ? ! Je suis ton frère, pas ton amant ! ! !
- Justement ! Tu prends ton rôle trop au sérieux ! Tu dépasses les bornes ! Tu m’étouffes à force ! J’en ai marre de toi ! Je veux que tu me fiche la paix. Ne t’immisce plus dans ma vie ! ! !
Elle se retourna et sortit, claquant violemment la porte derrière elle. Eolion resta planté là, le cœur gros et les larmes aux yeux. Il détestait plus que tout l’idée d’être brouillé avec sa sœur. Et l’aveuglement dans lequel elle avait plongé lui faisait craindre le pire pour elle. Il attendit de reprendre contenance puis sortit, bien décidé à retrouver sa sœur…




Arzilia fonçait, poussée par la rage. Elle n’avait plus qu’une idée en tête, partir loin d’Eolion, se débarrasser de lui, de ses jugements hâtifs et ô combien erronés ! Ses yeux s’embuaient, résultat de sa colère. Elle lui en voulait sérieusement.
‘’Je ne suis plus une gamine ! S’il pense le contraire et bien tant pis pour lui ! Je fais des choix et je les assumes ! Veut-il vraiment me priver de ma liberté ! ? ! Qu’est-ce qu’il s’imagine ? Que je vais me laisser faire sagement ? Qu’il aille au paradis ! Je m’en moque bien tiens !’’
Tout en pensant, elle continuait d’avancer. Ses pas étaient rapides. Ils la menaient vers Carny, son Amour, celui auquel elle voulait réserver son éternité.


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MessagePosté le: Mer 13 Fév - 21:36 (2008)
Sujet du message: Arzilia
Répondre en citant

Voilà, je n'ai malheureusement pas trouvé la suite. Comme je l'écrivais par "chapitre", il se peut que certains d'entre-eux aient été directement écrit sur les Forums du jeux et que j'ai oublié de les sauvegarder.
Mais, comme vous devez vous en douter, la jeune Arzilia va apprendre une dure leçon puisque Carny, en bon démon qu'il est, ne va pas supporter l'idée de trainer avec le rejeton d'une angèle.
Les 5 frères et soeurs vont être séparés sans parvenir à se retrouver.
Puisque l'on pouvait avoir trois persos, j'ai également interprêté Yuki (une succube pacifiste) et Eolion (toujours à la recherche de sa cadette ^^).


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:03 (2018)
Sujet du message: Arzilia

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