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Raïshan [RIP]

 
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Ysaaltar
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MessagePosté le: Lun 15 Déc - 17:09 (2008)
Sujet du message: Raïshan [RIP]
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Précisons que ce background fut écrit en police FreeStyle Script (indisponible sur le forum), ce qui, à mon humble avis, lui donne un certain cachet.

Raïshan
  

    Le soleil se couchait sur Narrch Riishss, ou comme l’appellent les humains, la cordillère des Mille Pics. Assis sur un rocher isolé, le jeune Raïshan à la fourrure noire striée de blanc contemplait les contreforts de la montagne, en contrebas. Son regard s’attarda sur le village de sa tribu, niché dans une clairière au cœur des immenses pinèdes, invisible pour qui ne saurait pas où regarder exactement. Puis son regard se perdit dans les marbrures colorées du coucher de soleil, alors qu’il se préparait déjà mentalement à reprendre ses recherches.

    Pour la dernière nuit de son initiation, il avait la ferme intention de rester éveillé et d’arpenter la montagne jusqu’à l’aube. Cette fois, si aucune créature ne se montrait, il serait contraint de rentrer à Riish Ennh dès le lendemain, et de se présenter les mains vides devant Rahansh et les autres adultes du village. Sa honte serait immense, car d’aussi longtemps qu’il puisse s’en souvenir, aucun jeune n’avait échoué à son épreuve initiatique. Il serait le premier depuis au moins dix ans.

    Cette nuit était celle de la dernière chance. Intérieurement, il se morigéna, se reprochant de ne pas s’être contenté d’un ours ou même d’un glouton. Malgré tous les rêves de valeur qu’il entretenait, les chances de rencontrer un animal plus « intéressant » étaient très proches de zéro. « A présent, » se dit-il, « Le premier que je trouverai fera l’affaire. En aucun cas je n’ai le droit d’échouer ! ». Le soleil était à présent couché, remplacé par la lune, ronde et scintillante. Les étoiles les plus brillantes étaient déjà visibles dans le ciel clair, et un vent froid commençait à se faire sentir. Vêtu de sa seule fourrure féline, Raïshan ignora la froidure de la montagne, et se remit en quête d’une proie digne d’être ramenée devant les adultes du village, afin de prouver qu’il méritait d’être l’un d’entre eux.

    La nuit était claire, facilitant la chasse. Mais après quelques heures, aucun animal d’une taille suffisante ne s’était encore montré. Se retournant, le jeune Paxat constata qu’il avait parcouru une bonne distance. Son village n’était même plus en vue, malgré sa position élevée. Cela ne l’inquiéta pas autant que l’absence d’animaux sauvages. « Où sont-ils passés ? », demanda-t-il à la nuit, sans espoir de réponse. « Sans doute encore un chasseur humain… », se répondit-il à lui-même.

    Un long hurlement retentit soudain, plusieurs kilomètres derrière lui. Il se retourna immédiatement, l’échine parcourue de frissons, pour écouter la nuit. Le hurlement s’était tu, et plus aucun bruit ne se faisait entendre. « Un loup, sans doute. Il ferait un bon trophée ! » Sans tarder, il se mit en route dans la direction du hurlement, sautant de branche en branche dans les frondaisons, et courant sur le sol lorsque les arbres manquaient.

    Plusieurs fois, sur sa route, il entendit le hurlement, et se réorienta à chaque fois dans sa direction. Sa trajectoire l’éloignait de plus en plus de son village, mais il n’en avait cure. Son entraînement lui permettait de parcourir de nombreux kilomètres très rapidement, et il n’aurait qu’une tête ou une peau à porter au retour, puisqu’il n’avait trouvé rien de plus dangereux et effrayant à vaincre que quelques loups.

    Depuis près d’une demi-heure, plus aucun hurlement n’avait retenti. Il restait à peine quelques heures avant l’aube, et Raïshan se sentait fébrile. Il contrôla immédiatement cette pulsion, comme on le lui avait enseigné. « Les pulsions sont de mauvais guides. Le but de l’entraînement est de les étouffer, afin de réagir au mieux dans toutes les situations. », se souvint-il. Arrivé à l’endroit d’où il estimait que le dernier hurlement avait été poussé, il explora les alentours, décrivant des cercles, tous les sens en alerte. Rapidement, il trouva la trace. Elle était presqu’impossible à manquer : elle serpentait entre les arbres, en direction du Nord. Au creux du sillon creusé parmi les aiguilles de pin et d’épicéa apparaissaient ça et là des traces plus sombres. Raïshan huma l’air. « Du sang ! » identifia-t-il immédiatement. Il partit aussitôt au pas de course, en suivant la trace.

    Un bon millier de pas plus loin, la trace s’engouffrait dans une grotte à l’entrée assez large, mais à peine plus haute que le jeune homme-chat. S’arrêtant à l’extérieur, Raïshan ramassa une branche sèche, et se positionna non loin de l’entrée, de manière à ne pas pouvoir être vu de l’intérieur. Il cassa ensuite la branche, et jeta les morceaux devant la grotte. Le bruit résonna dans la nuit claire et silencieuse, suivi de quelques secondes par un pas léger et rapide provenant des ténèbres de la grotte.

    A la surprise de Raïshan, un seul loup, noir et de grande taille, se présenta à l’entrée de la caverne, la truffe frémissante humant l’air de la nuit. « Un solitaire », pensa-t-il immédiatement. Et il se lança à l’attaque.

    En quelques bonds, il fut sur l’animal, qu’il frappa violemment plusieurs fois de ses poings nus. Celui-ci roula par terre, mais se releva immédiatement, à peine sonné. La seconde d’après, l’animal bondit sur son agresseur tentant de le mordre à la gorge. Les crocs dégoulinant de bave et de sang se refermèrent sur le vide, à quelques centimètres à peine de la jugulaire de Raïshan, qui en profita pour placer à nouveau quelques coups biens sentis dans les babines du grand loup.

    Le combat se prolongea quelques minutes. Le loup encaissait très bien les coups de poings, mais n’était parvenu à mordre Raïshan qu’une seule fois, à l’épaule droite. Les chairs déchirées le brûlaient, mais il se força à ignorer la sensation, qui le distrairait immanquablement de son combat. Soudain, le loup chancelant se retourna, et en une seconde, se glissa entre les rochers pour disparaître dans la nuit. « Ooooh non, tu ne t’échapperas pas ! » murmura le jeune Paxat. D’un bond, il sauta sur les rochers, puis d’un second, sur le dos du loup qui s’enfuyait. De ses griffes, Raïshan lui déchira la gorge, et le loup s’écroula enfin.

« Mais… ? »

    Devant les yeux ébahis de l’homme-chat, le cadavre du loup se transforma en quelques secondes en un cadavre humain. Reprenant peu à peu son souffle, Raïshan s’approcha et examina le corps, dépourvu du moindre vêtement. Plusieurs os étaient visiblement brisés, et il portait quelques blessures au visage. Mais le plus évident était la gorge déchirée de coups de griffes.

    Ne sachant que penser, Raïshan retourna à la grotte, et y pénétra prudemment. Plus aucun bruit ne provenait de l’intérieur, et ses yeux de chats lui permirent, à la faible lueur de la lune, de constater que la grotte n’était profonde que de quelques mètres. Au fond de cette grotte, à côté d’un tas d’ossements ensaglantés, gisait un amas d’objets divers : armes, armure, vêtements, ainsi que plusieurs autres babioles. Malgré sa douleur à l’épaule, il eut envie de pousser un cri de joie ! Il ne savait pas ce qu’était exactement la créature qu’il avait combattue, mais ses trésors lui appartenaient, à présent, par la loi du village.

    Contrairement à ce qu’il avait prévu, le trajet du retour lui prit toute la journée du lendemain. Il portait sur son dos un cadavre entier, ainsi qu’un baluchon assez imposant contenant toutes les possessions de la créature. Lorsqu’il franchit la porte du village, tous les habitants accoururent les uns après les autres, au fur et à mesure que la nouvelle se répandait.

« Regardez, c’est Raïshan ! Il est revenu ! »

« Mais… c’est un humain qu’il a tué ! Que s’est-il passé ? »

« Sûrement un chasseur. Ils n’ont pas le droit de pénétrer sur nos terres et ils le savent bien. »

    Sans répondre aux questions, Raïshan se dirigea vers la cabane de Rahansh. Celui-ci sortit, et le regarda approcher. Le jeune s’arrêta à deux mètres de lui, et posa à terre ses deux fardeaux, alors que le village se rassemblait autour d’eux.

« Comme l’exigent nos coutumes, j’ai abattu un ennemi valeureux sans aide d’aucune sorte. Seuls mes talents m’ont permis de remporter la victoire sur un grand loup. Mais une fois mort, celui-ci s’est transformé en un cadavre humain. Je rapporte également les possessions de cette créature, que je réclame en vertu de ma victoire, en plus de prendre ma place parmi les adultes du village. »

    Rahansh regarda un instant le corps et le baluchon, puis répondit à Raïshan :

« Tu as gagné ta place parmi les adultes… » Le cœur de Raïshan fit un bond dans sa poitrine. « … cependant, ton histoire est trop étrange pour être prise à la légère. Tes prises resterons en possession du village pendant que tentons de faire la lumière sur ce qu’est exactement cette… créature. Je te suggère de prendre du repos et de soigner cette blessure, en attendant. Je te convoquerai demain. » Sur ces mots, le chef du village rentra dans sa hutte, emportant la dépouille et les objets.

    Quelque peu déçu, et pourtant fier d’appartenir enfin au monde des adultes, Raïshan se dirigea vers la cabane familiale. Emu, il retrouva ses parents et son petit frère, Dhrarrr. Sa mère lui prépara un repas, pendant que son père bandait sa blessure à l’épaule, alors qu’il racontait son aventure. Il dévora la viande en quelques minutes, puis gagna sa couche, où il s’endormit en quelques secondes, épuisé.

    Le lendemain, en ouvrant les yeux, il fut très étonné de ne pas se trouver au beau milieu de la forêt, dans les branches d’un arbre. Très vite, il se remémora les évènements de la veille, et se surprit à sourire, les moustaches frémissantes. Sa première journée d’adulte… enfin ! Il tâta sa blessure, et constata qu’elle cicatrisait déjà. Puis il se leva, et sortit se joindre aux activités matinales du village.

    Il se rendit rapidement compte qu’il n’avait pas d’idée précise sur les fonctions qu’il allait choisir d’assumer au sein du village. A présent qu’il était reconnu adulte par tous, il était temps pour lui de trouver sa place. Il était temps également d’envisager de…

« Raïshan… »

    Juste derrière lui, la voix, bien connue, le fit se retourner.

« Bonjour Raïshan. »

« Bonjour Asherha ».

    Devant lui se tenait une jeune Paxat à la fourrure argentée. Plus petite que lui de quelques centimètres, elle lui souriait. Les questions qui tournaient dans sa tête disparurent instantanément, et il lui rendit son sourire. Pourtant, quelque chose dans l’attitude de son amie d’enfance l’interpellait…Timidement, elle fit un pas vers lui, et lui demanda :

« Tu es adulte, à présent. Est-ce que… d’autres choses ont changé ? »

    Les inquiétudes de Raïshan s’évanouirent à ces mots.

« Asherha, nous avons toujours partagé nos joies. Celle-ci ne fera pas exception », répondit-il.

    Il approcha son museau de la joue de son amie, et lui lécha le visage. Elle lui rendit copieusement cette marque de tendresse, puis tous deux s’assirent et elle l’interrogea sur son initiation. Il entreprit alors de raconter à nouveau son voyage, partageant ses désirs et ses craintes, ses peurs et sa victoire…

    Deux heures plus tard, alors que Raïshan terminait son récit, un appel retentit, un autre Paxat s’approcha d’eux, leur faisant lever la tête. Le reconnaissant, tout se mirent debout d’un bond, pour saluer Rahansh.

« Asherha, ma fille, laisse-nous. Je dois parler à Raïshan. »

« Oui, père. »

    Alors qu’elle s’exécutait, le chef du village s’assit auprès du jeune héros. Il posa plusieurs questions, auxquelles Raïshan répondit de son mieux. Puis, il réfléchit un instant, avant de lui demander :

« Et à présent, comment envisages-tu ton avenir ? »

« Je… n’y ai pas bien réfléchi encore. Je pourrai certainement trouver une occupation utile. Chasseur, peut-être… Je saurai me débrouiller. »

« Tu as encore le temps d’y réfléchir. Ta vie commence à peine. De plus, j’ai d’importantes nouvelles à t’annoncer. Suis-moi. »

    Rahansh se leva et se dirigea vers sa hutte, suivi par Raïshan, dont il avait éveillé la curiosité. Une fois à l’intérieur, il l’amena près du cadavre et le lui désigna :

« Tu n’as combattu ni un humain, ni un loup, Raïshan. Cette créature est un loup-garou, un monstre maléfique capable de prendre les deux apparences, et de tromper même les meilleurs chasseurs. Tu as été très brave de t’attaquer à lui, et il t’a fallu beaucoup de talent et de chance pour le vaincre. »

    Puis, après un silence :

« Comment se porte ta blessure ? »

« Elle cicatrise déjà », répondit Raïshan.

« Cette blessure présente un grand danger pour toi. Peut-être as-tu été touché par la malédiction du loup-garou. Si c’est le cas, tu finiras par te transformer en l’un d’entre eux. »

    Soudain effrayé, Raïshan garda le silence un moment. Puis il osa demander, d’une voix inquiète :

« Existe-t-il un moyen de l’éviter ? »

    La réponse ne le soulagea qu’à moitié.

« Oui, ce moyen existe, mais nous ne le possédons pas. Par contre, les humains doivent le connaître ».

    Rahansh marqua une pause, puis reprit :

« Je ne peux te permettre de rester au village, Raïshan. Jusqu’à ce que tu aies la certitude d’être guéri, tu présentes un trop grand danger. Tu dois nous quitter avant la nuit. »

    Même dans ses pires cauchemars, Raïshan n’avait jamais imaginé une telle chose : il était banni de son propre village ! Rahansh continua :

« Nous t’aiderons autant que possible. Dirige-toi vers la ville humaine, et trouves-y les marchands avec lesquels nous sommes en affaires. Tu les connais déjà. Ils pourront t’orienter vers leurs sages, ceux qui détiennent les connaissances nécessaires pour préparer le remède qui te purgera. Tu pourras également emporter l’équipement du loup-garou. Nous l’avons examiné, et il contient plusieurs objets qui pourraient se révéler utiles. »

     Raïshan ne réagissait toujours pas. La nouvelle le terrifiait. « Père, mère, Dhrarrr,… Asherha… Je ne vous reverrai plus », pensait-il.

« Vas faire tes adieux. Tu as jusqu’à ce soir », ajouta Rahansh, perspicace.
« Ma hutte t’est ouverte, tu pourras y prendre l’équipement quand tu le voudras. »

    Raïshan regagna la cabane familiale, tête baissée. Annoncer la nouvelle à ses parents fut la plus dure épreuve de sa vie. Déjà déchirants, les adieux ne furent pas facilités par l’irruption d’Asherha, en pleurs. Mais la décision de Rahansh ne pouvait être remise en cause, car elle représentait la seule possibilité de protéger le village.

    Le soir venu, Raïshan franchit la limite du village. Ses yeux le brûlaient, et il sentait que s’il se retournait, ne fut-ce qu’une seconde, il éclaterait en sanglots ponctués de miaulements plaintifs. Alors il marcha droit devant lui, en direction de la ville, pour rejoindre le monde des humains, un monde qui serait le sien jusqu’à ce qu’il trouve le remède…


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MessagePosté le: Lun 15 Déc - 17:09 (2008)
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